En s’intéressant un peu plus près à ce phénomène de piratage, nous pouvons voir qu’il est très simple de se procurer des logiciels facilitant l’espionnage par webcam. Ils sont très simple à manipuler et, surtout, il est possible de trouver des manuels sous forme écrit ou vidéo pour vous expliquer comment cela fonctionne. Un vrai jeu d’enfant ! Il suffit d’obtenir l’adresse IP de la personne que l’on veut espionner.

Le problème s’est que ces logiciels espions sont en principe interdits et ils sont créés pour commettre des infractions. En effet, le pirate informatique, par le biais d’un logiciel espion, va pouvoir allumer à distance la webcam d’une personne, sa victime, et ainsi la filmer à son insu, voir même l’écouter à distance à l’aide du microphone intégré, lui-aussi. Des images et des paroles vont pouvoir être captées, pour ensuite, par exemple, les diffuser sur Internet, sans le consentement, évidemment de la personne victime. D’ailleurs, il se peut qu’elle ne s’en rende même pas compte. Le pirate peut aussi décider d’accéder à la webcam et lancer le fameux site de Chatroulette. Dans ce cas, vous vous retrouvez à votre insu en train d’être regardé par d’autres personnes, sans le savoir, alors que vous êtes en train de danser tranquillement dans votre salon, chez vous à l’abri des regards des autres.

L’obtention de telles images est punie par la loi, plus spécialement par l’article 162 du Code criminel qui incrimine le voyeurisme. C’est ainsi que

« (1) Commet une infraction quiconque, subrepticement, observe, notamment par des moyens mécaniques ou électroniques, une personne — ou produit un enregistrement visuel d’une personne — se trouvant dans des circonstances pour lesquelles il existe une attente raisonnable de protection en matière de vie privée »,

et plus particulièrement lorsque les faits ont un aspect sexuel. L’alinéa (4) de ce texte incrimine aussi le fait d’imprimer, de copier, de publier, de distribuer, de mettre en circulation, de vendre ou de rendre accessible un tel enregistrement ou d’en faire la publicité et d’être en possession d’un tel enregistrement dans le but de faire un de ces actes précités.

Les paroles interceptées à l’insu de la personne victime sont également punies par la loi, par les articles 184 et 184.5 du Code criminel. Est une infraction le fait d’intercepter volontairement, malicieusement ou aux fins de gain, une communication privée ou radiotéléphonique au moyen d’un dispositif électromagnétique, acoustique, mécanique ou autre. Par conséquent, de tels agissements sont punis par le droit canadien, même si, en pratique, il est plus difficile de faire appliquer le droit, surtout lorsque le pirate commet ses méfaits dans un autre pays.

Comme tout piratage, les personnes malveillantes utilisent ce procédé pour obtenir quelque chose en échange. Il y a toujours une contrepartie, un appât du gain derrière toute attaque informatique. C’est pour cette raison qu’en plus d’utiliser un logiciel malveillant, les pirates vont essayer de tirer profit de leur espionnage. La captation d’images va le souvent déboucher sur du chantage, des propositions sexuelles et des images pornographiques. Parfois, cela peut amener à des fraudes ou des vols de documents pour en tirer un gain financier. Tous ces comportements sont punis par le droit canadien. Par exemple, des condamnations ont eu lieu en Espagne où les délinquants ont récupéré des images embarrassantes de webcams piratées pour faire chanter leurs victimes dans le but de faire des profits, et à Chypre où un homme a espionné sa victime mineure à l’aide de sa webcam, a pris des photos d’elle pour ensuite la menacer de les diffuser sur Internet si elle ne répondait pas à ces demandes de nature sexuelle.

Le voyeurisme est devenu un loisir pour certains, au point de voir émerger sur le réseau des sites entièrement dédiés aux photographies et aux vidéos prises à l’insu des personnes victimes, et le plus souvent de nature sexuelle. Il est également possible d’aller à l’Université apprendre à devenir un hacker, mais pour la bonne cause, soit être un expert en sécurité informatique.

Par conséquent, pour se protéger de cette « possible » invasion de notre vie privée par notre propre webcam, reste à, soit vérifier que sa webcam n’est pas allumée, soit d’y coller un papier dessus (vieille méthode), d’avoir un antivirus et un bon pare-feu sur son ordinateur, mais surtout de ne pas ouvrir les pièces jointes de destinataires inconnus qui installent de cette manière leurs logiciels espions. D’ailleurs, si vous voulez voir ce que cela peut donner lorsqu’une webcam est piratée, un long métrage a été fait pour sensibiliser les gens aux États-Unis, suite à l’arrestation d’un homme qui s’était ainsi introduit chez une jeune fille à l’aide de sa webcam.