Yvette Lapa Dessap est étudiante dans le cadre du cours DRT 6903A (Éloïse Gratton).
Imaginez-vous tout d’un coup coupés de vos 120 amis, de vos 1236 photos, de votre mur toujours dynamique et de la spontanéité dont vous pouviez faire preuve sur Facebook. Imaginez que Facebook vous impose un sevrage soudain. Peu importe les raisons, vous seriez frustrés n’est ce pas ? Peut-être pas autant que la jeune femme du Maryland Karen Beth Young, qui a vu son compte fermé par Facebook et qui ne l’a pas digéré du tout !
Ce 4 novembre, le professeur Eric Goldman du High Tech Law Institute rapportait que Karen Beth Young a perdu sa cause contre Facebook devant la cour supérieure de Californie. Elle accusait le réseau social d’avoir fermé son compte et demandait la restauration de celui-ci ainsi que la réparation des dommages causés par cette fermeture.
Au départ, sa plainte était prise plus ou moins au sérieux ; d’autant plus que la jeune femme bipolaire se représentait elle-même. De plus, Facebook, suite à la clôture du compte, allègue dans une lettre que Karen Young faisait des demandes d’amitié à des personnes qu’elle ne connaissait pas. Elle aurait eu un comportement jugé ‘harcelant’ ou ‘menaçant’ envers d’autres usagers.
Extrait de la lettre : “Your account was disabled because your behavior on the site was identified as harassing or threatening to other people on Facebook. […] This decision is final and cannot be appealed”.
Malgré la fermeté des propos facebookiens, la plaignante a entre autres traversé le pays et s’est présentée aux bureaux de Facebook sans trop de succès. Les raisons de désactiver un compte chez Facebook sont assez claires. Et ça n’a pas été difficile à mettre en évidence pour Facebook dans ce cas ci. De son côté, la plaignante n’y est pas allée de main morte avec les arguments en invoquant des revendications constitutionnelles, la rupture de contrat, la bonne foi et la loyauté, la négligence et la fraude.
Tous les arguments ont été démontés pièce par pièce. D’une part, ça peut certes être rassurant de voir que Facebook ne veut pas qu’on importune ses utilisateurs. Il est aussi normal qu’il surveille de près le respect de règles auxquelles tout utilisateur de Facebook se soumet par le fait même de la création de compte et de l’utilisation des services de ce site.
D’autre part, Facebook fait souvent les manchettes pour des questions de vie privée et de sécurité des données. Selon Vincent Gautrais, « on ne sait pas ce que Facebook ou ses partenaires font avec nos données à notre insu ». Facebook a les moyens de surveiller et de poursuivre à répétition le moindre spammeur. Et en général, les sentences sont exemplaires, pour favoriser la dissuasion chez les autres utilisateurs.
C’est une bonne chose. On s’entend pour dire qu’on ne veut pas encourager des comportements dérangeants sur les réseaux sociaux. Mais étant donné :
1. que Facebook n’est pas parfait,
2. que les internautes n’ont pas les moyens de surveiller Facebook autant que Facebook peut les surveiller,
ne s’agit-il pas ici d’un deux poids, deux mesures inquiétant ?













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Commentaires
1. vendredi 5 novembre 2010
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