Il n’est donc plus question de rendre inaccessible certains sites, notamment illicites tels que les sites pédopornographiques, mais tous les sites présentant un caractère pornographique au nom de la protection des mineurs. L’utilisation des logiciels de filtrage ou de contrôle parental est alors considérée comme inefficace, surtout lorsque certains mineurs sont plus doués que leurs parents en informatique. C’est pour cette raison que le ministre en charge des communications, Ed Vaizey, envisage de rencontrer prochainement les principaux fournisseurs d’Internet du pays, afin de discuter de ce nouveau projet et de sa mise en place.
Concrètement, il va s’agir d’installer un blocage par défaut pour tous les utilisateurs d’Internet anglais. L’idée est de rendre inaccessible tout les contenus pornographiques à des personnes mineures en bloquant ces contenus à la source. Celui-ci sera par ailleurs faciliter si la décision de créer le nom de domaine « .xxx » est acceptée par l’Icann. Pour les personnes majeures qui souhaiteraient avoir accès à ces contenus, il suffira de demander la levée directement à son fournisseur d’accès.
De nombreuses controverses et questions ont été soulevées suite à ce nouveau projet. D’abord, est-ce que les gens vont oser demander la suppression de ce blocage ? Cela peut être très gênant, même si un parallèle peut être effectué avec la télévision câblée. En effet, pour accéder aux chaînes câblées qui diffusent de la pornographie sur la télévision, il faut également faire une demande expresse à son fournisseur. Alors, pourquoi ne pas appliquer la même procédure au réseau Internet ? Parce que c’est plus difficile, pour différentes raisons propres au réseau Internet. Son aspect international, son manque de pouvoir centralisateur, l’anonymat très présent et les informations volatiles qui circulent librement sans limites pour un coût quasiment nul font que le parallèle avec la télévision est très limité.
Ensuite, nous pouvons nous poser la question de savoir qui souhaiterait être inscrit sur une liste attestant qu’il est amateur de sites pornographiques circulant sur le réseau Internet ? Qui va déterminer que tel ou tel site est pornographique ? Les sites suggestifs ? Les sites érotiques ? Les sites de lingeries fines ? Les mangas ? Il ne faut pas oublier qu’il est possible d’accéder à du contenu pornographique de différentes manières, soit par le biais de sites clairement pornographiques, soit par le biais de sites adressés à tout public, mais dont le contenu est mis en ligne par l’utilisateur lui-même. C’est ainsi qu’il est possible de trouver des vidéos, des images ou des écrits sur des sites réservés à tout public qui sont pourtant explicitement pornographiques. Comment faire dans ce cas ? Faut-il bloquer tout le site au nom de la protection des mineurs ? Jusqu’où pouvons-nous accepter la censure ?
En outre, comment le blocage va-t-il s’effectuer ? N’est-ce pas difficile pour les fournisseurs d’accès Internet de procéder un cet empêchement vu la quantité d’informations accessibles sur le réseau ? Cela risque de coûter très cher un tel blocage, car un tri va devoir être effectué. Qui va payer ? En cas d’erreur dans le blocage d’un site, va-t-il y avoir des procédures pour déposer plaintes, un dédommagement ou des délais de réclamation ?
Enfin, en bloquant tous les sites pornographiques, est-ce que cela ne va pas pousser l’industrie pornographique à trouver une parade pour rendre ce contenu encore accessible sans être tout de suite censuré ? En contre partie, n’est-ce pas un moyen d’obliger cette industrie à être plus coopérative dans la protection des mineurs en rendant moins accessible leurs sites ?
Par conséquent, ce qui pose véritablement problème, c’est la mise en place d’un tel blocage sur le réseau Internet, car le fait de protéger les mineurs contre la visualisation de sites pornographiques n’est pas nouveau en soi. Une telle censure existe déjà depuis longtemps dans la vie réelle, alors pourquoi pas dans la vie virtuelle ? Même si elle est plus difficile à mettre en place, il n’en reste pas moins que l’éducation reste la solution la plus importante pour arriver à de meilleurs résultats. D’ailleurs, il s’agit d’une prérogative parentale d’éviter que leurs enfants aient accès à des contenus pornographiques. Qu’ils soient ou non doués en informatique n’est pas forcément important. Pour les aider, l’école a décidé de prendre en charge cette éducation. En effet, l’éducation des mineurs à une utilisation plus responsable et prudente des nouvelles technologies à l’école se met de plus en plus en place, afin de leur apprendre à naviguer de manière sécuritaire sur le réseau Internet, mais surtout à mieux se comporter. En effet, il faut protéger les mineurs de certains contenus, mais aussi de certains comportements à risque qu’ils peuvent adopter car ils peuvent déboucher sur des abus sexuels, des menaces ou du harcèlement psychologique et/ou sexuel. Il faut donc les protéger des contenus pornographiques de manière générale, mais également de la production de ces contenus souvent le fruit d’exhibitions en ligne d’adolescents eux-mêmes.













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