Gilles de Saint Exupéry est étudiant dans le cours DRT 6903.

Alors que le débat du Google Book fait rage, un autre combat est engagé. Derrière la guerre de tranché qui oppose Google aux éditeurs et auteurs se cache une guerre retranchée. Celle du contrôle d’Internet.

Le web, surnommé à juste titre, la toile, est basé sur l’interopérabilité des différentes plateformes. L’internaute peut ainsi surfer d’un site à l’autre sans vague.

L’apparition de monopole (moteurs de recherche, réseaux sociaux, encyclopédie) a pour corollaire de réduire ces interactions. Chaque interface suffisamment puissante, est inévitablement tentée, pour conforter sa position, d’éviter tous liens avec les autres.

Or comme le montre Tim O’Reilly, gourou de l’Internet, les monopoles des différentes firmes mettent en péril l’édifice qui a été construit. En supprimant l’interopérabilité c’est la liberté et l’expansion d’internet qui en souffre.

« (I)t is becoming clear to me that we are heading into a bloody period of competition that could be extremely unfriendly to the interoperable web as we know it today. »

Tim O’Reilly met en avant un problème majeur auquel va être confronté le web. Mais ce n’est pas le seul, derrière ces difficultés techniques se cache une problématique éthique.

Google numérise vos livres, Google héberge vos photos, vidéos, blogs, courriels, Google vous guide, Google vous montre la terre vue du ciel, Google vous trace, bref Google vous connait.

C’est un véritable monopole de données de toutes sortes que cette société s’est crée. Devenant le meilleur service de renseignement de tous les temps, plus puissante que les Etats, à faire trembler la Stasi.

Dans ce contexte, comment assurer le respect de la vie privée ? Car même si la publicité ciblée fait beaucoup de bruit, cela reste encore bon enfant. La charge qui pèse sur Google est donc énorme. Y arrivera t-il ? Espérons le. En attendant certaines solutions alternatives sont proposées, comme Tor un système de connexion anonyme à Internet.

Conscient de cet enjeu, Google a annoncé récemment la mise en place du Dashboard, pour rassurer l’internaute. Cette interface centralise de vos données personnelles pour les contrôler, voir les supprimer. Seulement cette initiative montre vite ses limites puisque ces données ne seront effacées que pour vous. Google ne se priverait quand même pas de ce qui fait sa valeur !

A ce fardeau déjà pesant, Google, défini sa mission comme étant d’organiser l’information :

« (L)e moteur de recherche idéal doit comprendre exactement l’objet de chaque recherche pour fournir exactement les informations demandées ».

Et rendre celle-ci universellement accessible :

« Notre mission est de faciliter l’accès à l’information dans le monde entier. »

Malheureusement nous avons du mal à imaginer Google, à la fois humaniste et philanthrope. Belles qualités en apparence, mais cela reste une société privée.

L’information, selon la définition du Larousse est une connaissance qui s’obtient, se conserve, se transmet. A cette échelle, ce n’est ni plus ni moins la culture que Google s’approprie.

« After net neutrality, will we need "Google neutrality ?" »

La science fiction devenue réalité, une entreprise de dix ans d’âge en voie de devenir notre « polythèque », regroupant toutes les formes de cultures ! Vous ai-je paru extrémiste ? Je l’espère, ou alors il serait temps de se réveiller ! Mais pour rendre à César ce qui est à César, Google reste encore une source d’information étonnante !

La guerre de Troie n’a pas eue lieu, qu’en est-il de la guerre du Web ?