Tchoulfian Anaël est étudiant dans le cours DRT 6929O
Jacques Attali écrivain et économiste français est ce que l’on appelle communément un « touche à tout ». Célèbre pour avoir la (fâcheuse…) tendance de donner son point de vue sur de nombreux domaines, il a réussi à léguer contre lui, au prix d’ « années d’efforts », toute une caste de spécialistes.
N’en déplaise pourtant aux sceptiques, la pertinence des ses analyses semblent plaider en sa faveur selon Michelle Blanc, consultante, conférencière et auteure.
Dans une nouvelle réflexion, Jacques Attali s’interroge sur l’absence de pertinence du projet de loi « Hadopi » (pdf - version du 12 mars 2009) récente création française censée interdire le téléchargement gratuit sur internet.
Partant de l’antinomie des notions prônées par certains entre Internet et créations audiovisuelles, il prend pour contre exemple la télévision, longtemps perçue comme rivale du cinéma et qui au final en a constitué le principal émancipateur en étant aujourd’hui sa première source de financement.
Le secteur cinématographique propose en effet un système de prise en charge mutualisée des artistes par le biais de multiples contributions dont la moitié provient du secteur… télévisuel.
La solution consistant à passer par un système de licence globale apparait ainsi comme une solution d’avenir puisqu’elle permettrait de susciter de nouvelles recettes.
Son but consiste en la légalisation des échanges non-commerciaux de contenus audiovisuels dont la rémunération forfaitaire serait proportionnelle au volume de téléchargement prenant exemple sur la SACEM (Société des auteurs compositeurs et éditeurs de musique) qui rémunèrent les artistes dans le cadre des diffusions radiophoniques selon cette méthode.
Le prélèvement serait donc effectué sur les recettes réalisées par les fournisseurs d’accès internet permettant ainsi la rémunération des artistes.
Comme cela a été le cas avec la télévision vis-à -vis du cinéma...
À terme et malgré les réticences de certains, les fournisseurs d’accès internet seront dans l’obligation de prendre leur responsabilité. À charge pour eux de profiter de cette nouvelle donne en créant de nouveaux services venant combler ce qui peut apparaitre aux premiers abords comme un manque à gagner.
Ce manque à gagner existera en l’espèce mais aura vocation à se résorber rapidement et à constituer un incroyable levier par les multiples possibilités (publicité, services en lignes, merchandising…) qui s’offriront aux fournisseurs avec ce nouveau marché.
Des perspectives nouvelles s’annonceront avec la fin des interdictions puisqu’il s’agira d’ « institutionnaliser » le téléchargement.
Une sorte de partie de poker avec droit d’entrée mais avec l’assurance de voir ses gains décuplés…
Car au final, comprendre l’essence d’Internet, c’est comprendre que la gratuité des services qui y sont disponibles est inhérente à la notion : aucune volonté, aucune loi, aucune décision n’a vocation à endiguer les échanges entre utilisateurs et à empêcher le téléchargement notamment par le biais du « peer to peer »â€¦ sans pour autant remettre en question le développement de la musique, du cinéma et de tous les autres secteurs connexes à l’échelle mondiale.
Pour certains, comme Chris Anderson repris toujours par Jacques Attali, la gratuité serait donc un phénomène inéluctable fondé sur des coûts de reproduction peu élevés. Anderson cite ainsi l’exemple des divertissements en ligne comme « Second Life » qui propose l’essentiel de leurs services sous forme gratuite et une insignifiante partie sous forme payante.
« Si 5% des joueurs acceptent de payer, cela assure la rentabilité d’un produit, au- delà de ce ratio, c’est du pur bénéfice ».
En somme : mieux vaut travailler, évoluer avec internet que lutter contre lui…
C’est malheureusement ce que n’ont pas compris les décideurs français, se bornant à vouloir encadrer un domaine qui en raison de ses caractéristiques intrinsèques ne peut valablement l’être…
À terme d’ailleurs, ce phénomène de gratuité devrait affecter de nombreux autres secteurs consacrant au passage l’émergence d’une nouvelle forme d’économie.
À charge pour chacun de s’adapter… ou pas.











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