Maria-Gilda Guerra est étudiante dans le cadre du cours DRT6903.
En date du 2 novembre 2011, dans un article intitulé « How I tweeted the Vincent Tabak trial » Steven Morris, journaliste pour le Guardian au Royaume-Uni, explique comment il a utilisé Twitter afin de diffuser, en temps réel, un procès pour meurtre. M. Morris explique que gazouiller en plein procès peut être difficile, mais ça lui a permis d’offrir un aperçu sans précédent sur les preuves et témoignages lors du procès de Vincent Tabak, reconnu coupable d’avoir assassiné sa voisine.
Plusieurs journalistes ont utilisé la même méthode que Morris afin d’envoyer des milliers de « Tweets » afin de décrire les faits saillants à partir de la salle d’audience. Cette méthode est complètement à l’inverse du bon vieux temps, où les journalistes judiciaires devaient écouter le procès, tout en griffonnant (à la sténographe) les faits saillants et les meilleures citations, pour ensuite, se rendre à vive allure vers un cabine téléphonique afin de rédiger un premier projet. Ce projet de texte était ensuite corrigé pour afin apparaître dans la prochaine édition du journal. Au lieu d’obtenir un résumé bien concis du procès, les « followers » de Twitter ont eu un accès illimité de toutes les étapes du procès.
De plus, une majorité des lecteurs ont apprécié l’expérience : « "It was the closest thing to actually being there," tweeted one follower. "A great sense of drama, esp during Tabak’s evidence." "Felt I was in public gallery. Very tense whilst waiting verdict," said a second. "It’s quite reliable as you write as they speak," said one tweeter. "You gave detailed unbiased facts – I got more from you than the news and formed my own opinions from what you said," reported another. »
Le format de Twitter, soit un maximum de 140 caractères, n’était pas problématique tel que l’explique Morris. En fait, les journalistes sont souvent confrontés à transformer des longues phrases en petits paragraphes. Morris explique aussi que les 140 caractères fonctionnaient particulièrement bien pour les échanges à l’audience.
Cependant, M. Morris explique qu’il y a certains dangers à gazouiller les moindres paroles lors d’un procès pour meurtre. Lorsque le « tweet » est envoyé par le journaliste, aucun éditeur ne corrige le texte. Il revient donc au journaliste de ne pas publier un « tweet » qui pourrait préjudicier l’issue du procès. Une solution à cette problématique était de s’entraider entre les « °courtroom tweeters », par exemple, lorsque le verdict a été annoncé, M. Morris a revérifié avec un collègue journaliste s’il avait bien compris le verdict en question. De plus, Morris c’est aussi assuré que chacun de ces « tweets » pourraient résister à l’examen d’un avocat en utilisant le mot « présumé » à plusieurs reprises.
Un autre problème soulevé par l’utilisation de Twitter était la façon de détailler les sujets sensibles qui devaient être publiés, comme par exemple, les blessures subies par la victime qui ont causé sa mort. Fallait-il tout détailler ou prendre en considérations les lecteurs des « °tweets° » ? Une autre difficulté soulevée par le journaliste est de s’assurer de ne rien manquer puisqu’en regardant son téléphone intelligent, il ne regarde pas ce qu’il se passe autour de lui. Plus spécifiquement, un geste ou une expression de la part de l’accusé ou de la famille de la victime.
Plus près de chez nous, en Ontario, le juge Robert Maranger de la Cour supérieure à Kingston a émis, en date du 19 octobre dernier, des règles dans un jugement sur l’utilisation des réseaux sociaux et des BlackBerrys durant le procès de Shafia. Les journalistes qui souhaitaient utiliser Twitter ou une autre forme de réseau social lors du procès se sont vus refuser cette opportunité. La seule utilisation qui sera acceptée d’un téléphone intelligent lors du procès est dans le but de prendre des notes, tel que stipulé à l’article 136 de la Loi sur les tribunaux judiciaires (Ontario). Cependant, un comité des technologies de la Cour supérieure se penchera sur la question de l’utilisation des réseaux sociaux.
Au Québec, l’utilisation de Twitter pendant une audience criminelle ne semble pas avoir fait l’objet d’un débat. Cependant, la Cour suprême du Canada, en date du 28 janvier 2011, a confirmé dans un jugement unanime les règles de pratique et directive du ministère de la justice du Québec qui limitent la prise d’images et la tenue d’entrevues à des endroits prédéterminés et interdit la diffusion des enregistrements sonores officiels des audiences.
La beauté d’utiliser un réseau social permet d’offrir aux lecteurs une version complète du déroulement d’un procès. Tandis qu’un article de journal ou un article sur un site Web permet seulement d’effectuer un résumé de la journée. Encore moins complet, le résumé fait lors d’un reportage de 2 minutes à la télévision ou celui fait à la radio. Avec l’utilisation de Twitter, les lecteurs ont maintenant le meilleur des deux mondes et peuvent se former une opinion sans être biaisé selon le média choisi.













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Commentaires
1. mardi 8 novembre 2011 par Guilmain Antoine :: Décisions de justice numérisées : tous anonymes sur la Toile !
2. mercredi 9 novembre 2011 par Katherine Grondin :: Court Says NO to Live Tweets
3. mercredi 9 novembre 2011 par Julie Gauthier :: Twitter met les juges sous pression
4. vendredi 11 novembre 2011 par Michaël Poutré
5. samedi 12 novembre 2011 par Maria-Gilda Guerra :: How stringently should the contempt laws be applied to new media ?
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