Yvette Lapa Dessap est étudiante dans le cadre du cours DRT 6903A (Éloïse Gratton).
En ce lendemain d’halloween, ce qui arrive au jeune artiste professionnel Rémy Couture (et surtout ce qu’il accomplit) pourrait faire frémir certaines âmes, probablement la plupart. D’autant plus que ce maquilleur de films d’horreurs ayant travaillé pour des projets comme la momie III, fait présentement face à des accusations de corruptions de moeurs par distribution de matériel obscène. Il risque ainsi deux ans de prison.
Et pour cause, c’est l’article 163 du Code criminel canadien qui est cité pour l’accuser :
Accompagné de son avocat, Rémy Couture n’a pas réussi à faire retirer les accusations portées contre lui. En effet, celui-ci crée des scènes de fiction autour de scénarios de meurtres, viols et autres macabreries. Jusque là ça va. Il faut bien des créateurs comme Rémy Couture pour que les amateurs d’horreur puissent se délecter de nombreux films qu’ils affectionnent.
Là où le bât blesse, c’est à partir du moment où Rémy a publié des scènes apparemment très réalistes d’un tueur en série faisant subir toutes sortes de sévices dignes de films d’horreurs et impliquant des enfants sur son site Internet. Internet = accessible à tous. Tout le monde pouvait y avoir accès. Depuis son arrestation en 2009, le site a été fermé. Beaucoup de mobilisations ont eu lieu autour de cette nouvelle depuis quelques temps. Des groupes de soutien Facebook aux manifestations devant le palais de justice, en passant par les pétitions, chacun y va de son opinion. Plusieurs artistes connus soutiennent Rémy Couture et invoquent dans plusieurs cas la liberté d’expression. On peut certes se demander si l’article 163 peut encore s’appliquer tel quel en 2010, mais il y a une autre question plus épineuse.
La place centrale d’Internet dans ce débat : la nature du médium utilisé.
La semaine dernière, un reportage de l’émission « les francs tireurs » a permis de faire un tour d’horizon un peu plus approfondi de la question. Une opinion du reportage vient soulever l’importance du médium Internet dans ce débat :
« Ce n’est pas un problème de cinéma selon moi. C’est un problème d’Internet. […] Des centaines de photos et de films accessibles à tous, dont à des enfants. C’est ça qui pose problème ».
Voilà l’avis de Jarett Mann, président du festival spasm, qui bien qu’étant un habitué des films d’horreur, affirme avoir été secoué par les extraits de films de Rémy.
L’accessibilité accrue et quasi illimitée d’Internet vient–elle donc apporter une certaine limite à la liberté d’expression ? En publiant, sur Internet, on ne sait pas dans quelles mains ou dans quels yeux nos contenus peuvent tomber.
Trois choses sont néanmoins claires :
1. Rémy Couture n’aurait pas eu le même problème si ses vidéos étaient dans la section ‘horreur’ d’un club vidéo, si elles avaient été diffusées dans une salle de cinéma ou dans le cadre du festival spasm par exemple.
2. Une décision de la Cour Suprême du Canada dans l’affaire R. c. BUTLER soutient que l’article 163 du code criminel ne viole pas nécessairement la charte des droits et libertés.
3. On peut aimer ou ne pas aimer l’horreur, mais quand la ligne entre fiction et réalité n’est pas claire, ce qui peut être le cas sur Internet, contrairement à un film en salle sur grand écran ou un dvd vidéo loué ou acheté dans un contexte particulier, il y a lieu de faire attention. Sur ce, on peut souhaiter le moins de frissons possibles à Rémy Couture qui dans ses divers entretiens avec les médias a l’air ouvert à adopter des solutions pour limiter l’accessibilité à ses contenus. Aux dernières nouvelles, la date du procès n’est pas encore publiée.














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Commentaires
1. vendredi 19 novembre 2010
2. mardi 8 février 2011 par Jérôme B
3. mercredi 9 mars 2011 par Mlle Angel
4. vendredi 11 mai 2012 par Yvette :: Rémy couture à tout le monde en parle
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