Alberto Julie est étudiante dans le cadre du cours DRT 6929O
Depuis janvier dernier, la banque internationale Goldman Sachs est mise au ban par le régulateur américain le Sénat américain et toute la presse d’affaires. Accusée d’avoir largement contribué à la crise financière de 2008 en pariant sur la baisse d’actifs qu’elle vendait à ses clients, la banque internationale pourrait également initier une restructuration du système.
Dans son témoignage du 13 janvier 2010 devant la Financial Crisis Inquiry Commission, Lloyd Blankfein, PDG de Goldman Sachs, soutient que les produits incriminés étaient vendus à des investisseurs « sophistiqués », donc supposés conscients des risques qu’ils prenaient. Le marché américain, où la politique de divulgation de l’information via les nouvelles technologies est assez permissive, suppose un haut degré d’éducation de la part des investisseurs, contrairement aux marchés canadien et australien par exemple, qui ont toujours protégé davantage leurs investisseurs.
L’analyse des causes de la crise diffère selon les commentateurs. Après avoir constaté les conséquences dramatiques pour les millions de personnes victimes de ces coups de bourse, on ne peut y voir qu’un manque de régulation, une faillite des règles actuelles à prévenir le comportement de certaines banques. C’est dans ce contexte qu’intervient le projet de loi du président Obama, qui tente de limiter la taille et le type d’activités des banques.
Néanmoins, sans approuver une totale dérégulation du marché, on peut douter de l’efficacité d’une loi nationale destinée à réguler des phénomènes globaux et toujours plus complexes. Une autre approche, complémentaire, considère que la crise repose sur un manque de transparence des actifs à risque. Les mesures de divulgation aux États-Unis sont déjà nombreuses et très strictes (Regulation Asset-Backed par exemple), la SEC a même prévu de les renforcer. Mais si elles sont peu efficaces, c’est que les données collectées restent illisibles. Confrontés à des sources multiples d’informations, souvent dans un format statique, inexploitable, la plupart des investisseurs ne lisent pas les documents qui sont mis à leur disposition.
Dans son analyse de la crise financière de 2008, Paul Wilkinson, ancien régulateur à la SEC, soutient la mise en œuvre d’un standard technologique, pour aider les investisseurs à lire et analyser les données, et le régulateur à les vérifier. D’après lui, cette technologie aurait déjà fait ses preuves pendant la crise :
« The sophisticated investors who paid to structure RMBS data in XBRL obviously had better information about their investments than the putatively “sophisticated” investors who only had old-fashioned ASCII and HTML to help them with their due diligence. […] We barely touched on the potential of XBRL to let borrowers know exactly who held rights to their streams of payments and who had bet that there was a particular probability they would default – information that could only reduce the tilt of the lender-borrower playing field and make it easier to resolve defaults » (p.85).
XBRL, pour eXtensible Business Reporting Language, présente les données dans un format interactif, et permet d’automatiser une grande partie des traitements de données. Il s’intègre dans un référentiel commun au milieu financier, dessiné par les comités internationaux, où chaque donnée est automatiquement identifiée au concept financier, bancaire ou comptable qui la caractérise. L’adoption de ce standard revêt donc une forme de régulation au sein du milieu financier.













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Commentaires
1. mardi 27 juillet 2010 par Lucio Flavio :: http://www.strategietechno.com
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