Ida Ngueng Feze est candidat au LL.M. Ã  l’Université de Montréal.

Il ne s’agit pas ici de combats dans la jungle ou les tropiques, ni de jambes de bois mais plutôt de la cyberguerre, un espace infini où les armes à feu ont laissé place aux claviers, où les adolescents peuvent devenir des experts techniques ; un phénomène qui donne du fil à retordre même aux gouvernements les plus avancés en matière de cyber sécurité.

En effet, dans son article du 23 Novembre 2010, Elizabeth BRAW de JournalMetro.com, nous confie que :

Un ordinateur et quelques connaissances en écriture de code, voila tout ce qu’il faut aujourd’hui pour mettre un pays à genoux. (…) L’armée Américaine considère désormais le cyberespace comme un domaine de guerre, au même titre que l’air, la terre, la mer et l’espace, et compte depuis peu un Cybercommandement.

Pour les États-Unis, qui subissent une moyenne de 250 000 attaques toutes les heures, la création du cybercommandement était fondamentale à la mise en place d’une défense efficace car celui-ci regroupe 1000 espions et pirates informatiques. D’autres gouvernements comme celui de la Grande Bretagne reconnaissent aussi les problèmes liés aux cyberguerres et l’implication des adolescents.

En effet, comme l’explique Sécurité et défense, Internet est devenu une ressource stratégique source d’enjeux et d’attaques à but politique. En 2007, suite à une polémique entre les Estoniens et la minorité russe sur le déplacement d’une statue commémorant les victimes soviétiques de la Seconde guerre mondiale, les sites internet du parlement, de nombreuses institutions publiques et de medias ont été attaquées simultanément. Aussi, en 2008, pendant les affrontements en l’Ossétie du Sud, le gouvernement et la présidence géorgienne furent piraté et mis hors-service.

Il semble que l’explosion de ce champ de bataille véhicule d’idéologies diverses a su donner un moyen de pression sans comparaison aux eGuevaras de notre époque, des citoyens qui autrement auraient peut-être été considérés comme « ordinaires ». L’ère du web 2.0 a fait place à une guerre des technologies qui semble coûter beaucoup moins en termes de vie.

Bien que cette nouvelle forme de guerre semble préférable aux affrontements violents d’une guerre ordinaire, certains pourraient néanmoins critiquer l’implication d’enfants/adolescents dans ces manÅ“uvres techniques aux fins purement financières ou politiques. Dans un article de zataz.com parue cette année, jusqu’à 17 adolescents sont identifiés sur la liste du FBI comprenant les pirates les plus recherchés. Ainsi, l’infanterie, dans son sens étymologique, a elle aussi trouvé sa place au sein du monde virtuel. La cyber-infanterie, même si elle est constituée de recrues volontaires, laisse à tout parent le soin de découvrir si son enfant est juste un adepte des technologies nouvelles, un militant de la révolution 2.0, ou un criminel potentiel. Et la encore, certains pourront être rassuré en sachant que la reconversion de ces enfants cybersoldats peut être glorieuse car ils peuvent être amené à mettre leur expertise au service de leur pays ou même à fonder leur propre compagnie de cyber sécurité.

Alors, pour les avocats et juristes désireux de faire une gymnastique intellectuelle, ils pourront toujours évaluer l’application potentielle du droit de la guerre et du droit des enfants sur les cyberguerres, en se disant que l’attendu drapeau blanc qu’il soit physique ou virtuel aura la même signification.