L’histoire du sms présidentiel français est fascinante. Encore une fois, et comme mentionné dans mon précédent billet, ce ne sont pas les protagonistes qui sont l’objet de mon émerveillement mais bien le fait qu’elle illustre une nouvelle fois, si besoin était, que le médium, la technologie, a une incidence majeure sur les comportements humains. Et par conséquent le droit.
Les éléments de changements sont multiples :
1) La vie privée et sa place dans la société a changé et ce n’est pas le fait que l’actuel président Sarkozy qui en abusa peut-être comme outil politique - du moins plusieurs (beaucoup) le prétendent - qui est la cause de cela. Bien davantage, il m’apparaît évident que l’évolution technologique est beaucoup plus en cause dans cette modification que la personnalité même. Car tout le monde devient un paparrazi potentiel. Tout le monde peut filmer, photographier et éditer aussitôt l’information sur son blogue par exemple. Les médias traditionnels sont donc concurrencés par les « nouveaux médias » et doivent s’ajuster, suivre la tendance, s’il ne veulent pas se laisser « doubler » par le côté sensationnel de l’information. Également, au même titre que la culture, la mémoire, l’information est partout, et constitue un domaine de plus en plus obèse.
2) La poursuite pour faux, je l’ai déjà mentionné, ne m’apparaît aucunement abusive ou attentatoire aux intérêts de la presse. Davantage, face à la facilité de commettre une pareille infraction, il n’est pas anormal que le droit soit « dur » et sanctionne fortement l’abus d’une nouvelle technologie, surtout lorsque celle-ci est si facile à falsifier.
3) À cause des nouvelles technologies toujours, les journalistes doivent revoir leurs manière de corroborer leurs preuve et prendre conscience qu’un sms ou un courriel est d’une fiabilité quasiment nulle ; en tous les cas franchement moins grande que celle d’un papier, d’une lettre, même si bien sûr ces derniers peuvent aussi être falsifiés.
4) Enfin, face aux cris des journalistes outrés par pareille atteinte à leurs prérogatives, et dont les commentaires étaient passablement uniformes, critiquant tous la poursuite du président Sarkozy, les blogueurs ont pris la relève et ont transmis des doutes, des nuances, en s’insurgeant quelque peu sur les méthodes journalistiques qui ont fait beaucoup d’affaires sur un élément qui - s’il devait être vrai - demeure une correspondance privée. Aussi, le journal (je dis bien Journal) Liberation collige sur son site des extraits de billets de blogueurs critiquant les journalistes. Plus qu’un avis sur ce point de vue, je voulais simplement pointer du doigt que comme les précédents points, la technologie avait une incidence sur la substance. Et le potentiel éditorial de certains blogueurs, que ne sont pas journalistes, et donc qui n’ont pas leurs obligations, mais qui sont très entendus pour certains (je déteste le terme consacré d’influent) m’apparaît très sain. La technologie encore modifie donc la donne et présente un point de vue distinct d’une corporation qui en bon québécois, dans cette affaire, donnait l’impression d’être « un peu tricotée serré ».
Ce court billet n’est pas du tout une atteinte à une profession remarquable, celle de journaliste. Je crois seulement que comme beaucoup d’autres, elle est actuellement sujette à une évolution rapide qui n’est pas totalement maîtrisée. Ce qui est sans doute normal eu égard à l’ampleur du phénomène.











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