Je ne voudrais pas passer sous silence une discussion entamée « off-line », en fait par courriel, avec le professeur Devinat, de la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke relativement à un précédent billet sur la faiblesse quantitative, mais je crains aussi, qualitative, des blogues civilistes. En fait, suite à son courriel, j’aimerai revenir sur 2 points que j’avais alors traités dans la « lenteur des blawges civilistes ».

Le premier élément tend à contredire, nuancer plutôt, le fait que la confrontation n’est pas le propre des juristes civilistes. Mathieu précise en effet qu’il y a déjà eu des exemples de confrontations fort éclairantes :

« je ne suis pas certain que l’attitude des civilistes puisse s’expliquer par le fait que les débats vifs seraient étrangers à la tradition civiliste. À mon avis, l’esprit de confrontation est au coeur de la tradition civiliste, mais la controverse n’est tout simplement plus pratiquée « comme avant » (ie au début du XIXe siècle). Il faut lire les échanges entre Troplong et Duvergier pour se rendre compte qu’ils savaient « se rentrer dedans ». Il y a un article là-dessus (Philippe RÉMY, « Ã‰loge de l’exégèse » (1985) Droits) tout simplement lumineux ».

Merci Mathieu pour cette référence et cette illustration d’échanges entre juristes. Par téléphone, tu viens d’ailleurs à l’instant de m’en donner d’autres parfois assez virulents. Et c’est bien ainsi. Car cette confrontation m’apparaît être source d’avancement, source de vérification de ces propos qui trop souvent sont amenés et jamais vérifiés. Le blogue permet cette possibilité de confrontation et devrait donc être utilisé davantage.

Un deuxième élément que le courriel de Mathieu m’a amené à préciser est que le droit civil est encore difficilement accessible. Certes, je vais lire l’article de Remy mais avant cela il faut que je le trouve. Car peut être qu’une partie du problème est là : l’accès à la connaissance. Si vous allez dans une bibliothèque française, essayer de trouver le texte de Jacques FLOUR sur le formalisme. Les études Ripert sont souvent introuvables et quand vous parvenez à les avoir en main, il n’est pas rare que cet article, jugé comme un incontournable, soit tout simplement ... déchiré.

À ce propos, dans les prochains jours, et c’est la partie la plus constructive de ce billet, Mathieu et moi devrions mettre en place un sondage pour identifier les « 10 incontournables en droit privé ». Une fois terminé, idéalement, il faudra tenter de négocier auprès des éditeurs pour pouvoir les mettre en ligne. Au bénéfice du droit civil.