Les informations qui seront contenues dans ce « Timeline » ou ce « Journal » vont être très précises, puisqu’elles vont être rangées par années et par mois. Ce nouvel outil va permettre d’accumuler sur une même page toute l’historique de votre passage sur le site de Facebook. Toutes les discussions que les utilisateurs ont eu, les photographies publiées en ligne qui ne sont pas forcément à être conservées, car elles sont peu flatteuses, vos réflexions à un moment donné partagées, les musiques que vous avez aimé un instant ou les films qui vous ont plu, tous ce matériel sera disponible désormais sur une même et unique page. Toute votre vie réelle et numérique, le bon comme le mauvais, va pouvoir être réuni sur une même page. Cela va même plus loin, puisque toutes vos interventions sur le site de Facebook vont pouvoir être visibles, aussi bien celles de votre première inscription à celles d’aujourd’hui. Une ligne chronologique est effectuée avec toutes les informations concernant l’utilisateur, plus exactement tous les ajouts d’amis, les photos, les jeux, les statuts... Ce nouvel outil va ainsi devenir la mémoire numérique des utilisateurs. Qu’en est-il au niveau de la vie privée ?
En créant un tel outil, le site de Facebook ne semble clairement pas vouloir protéger la vie privée. Bien sûr, ce sont les utilisateurs eux-mêmes qui s’inscrivent et qui remplissent leur profil sur Facebook. Personne ne les oblige à mettre autant de données personnelles détaillées. Toutefois, l’aspect ludique et la pression sociale font qu’il est parfois difficile de ne pas s’y inscrire si nous ne voulons pas être en marge de certains événements. La possibilité de pouvoir effacer ses données et toute l’historique de nos conversations personnelles est prévue, ce qui permet d’avoir un semblant de vie privée. Facebook nous donne, pour le moment, le choix de conserver ou non certaines données qui seront publiées dans le « Journal ». Néanmoins, la manipulation doit être faite données par données, année par année. Ceci peut donc prendre beaucoup de temps, ce qui peut dissuader certains usagers de le faire correctement, surtout s’ils ont beaucoup d’informations sur leur page personnelle.
Aujourd’hui, avec un tel outil, cette mémoire numérique va certainement avoir encore plus, que le site de Facebook traditionnel, des répercussions sur la vie de certaines personnes, et pas forcément de bonnes. Par exemple, tout ce qui a été dit ou publié dès notre inscription sur Facebook, donc lorsque nous étions plus jeune et qui ne correspond plus généralement à la réalité, va pouvoir nous être reproché plus facilement, notamment par de futurs employeurs qui n’hésiterons pas à aller vérifier le « Journal » de leur futurs candidats et ainsi obtenir de l’information encore plus précise qu’auparavant. En effet, tout ce matériel, répertorié et rangé par ordre chronologique et ludique, fera dorénavant partie de la mémoire numérique de Facebook et feront certainement la joie de toute personne qui souhaitera accéder à l’autobiographie numérique d’une personne. Mais surtout, toutes nos idées ou nos comportements d’antan que nous voulions peut-être oublier, vont pouvoir être ressortis, et en prime être accessibles à tous ou du moins à un bon nombre de personnes.
Dans un tel contexte, le droit à l’oubli numérique devient indéniablement d’actualité. D’ailleurs, l’Union européenne s’y intéresse de plus en plus. Une proposition de loi relatif à la protection des personnes physique à l’égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données (règlement général sur la protection des données) a été déposée ce 25 janvier 2012. Ce texte imposerait aux fournisseurs de services Internet de demander le consentement préalable des usagers quant à l’utilisation de leurs données personnes, sous peine d’amendes. Il prévoit également d’obliger les hébergeurs de contenus, comme les sites de réseau social, de supprimer toutes les données personnelles qui feront l’objet d’une demande de la part de l’usager. Cette proposition provoque déjà quelques controverses, notamment de la part de la CNIL. Celle-ci considère que « le fonctionnement du système n’est pas optimum et ne permettra pas d’assurer l’application effective de ces nouvelles avancées » et que « la défense de la vie privée s’éloigne du citoyen ».
Mais la question principale à se poser est : Doit-on avoir une autobiographie numérique détaillée de notre parcours sur le site de Facebook ? Doit-on forcément laisser notre empreinte numérique ? Certaines choses doivent être accessible à un certain moment de notre vie et disparaître par la suite. Notre vie privée devient clairement un enjeu de jours en jours. Il semble comme nécessaire de contrôler tout ce qu’on peut dire, faire ou publier à l’aide du site de Facebook, voire même du Web dans son ensemble, que cela soit de soi-même, mais aussi d’autrui. D’un autre côté, il ne faut pas oublier que le réseau Internet à une vocation publique. Il est préférable de faire très attention à tous ce qu’on peut y faire ou dire, car la vie privée n’est qu’un leurre via ce média, et encore plus lorsqu’il est question du site de Facebook.














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