Ida Ngueng-Feze est étudiante à la maitrise en droit à l’Université de Montréal.

Comme l’indique la déclaration universelle des droits de l’homme, « la méconnaissance et le mépris des droits de l’homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l’humanité et que l’avènement d’un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l’homme » et pourtant la crise Tunisienne nous rappelle que nous sommes encore très loin de notre objectif bien que plusieurs pas en avant ont été faits.

En effet, ces dernières semaines, les headlines de nombreux journaux ont mis de l’avant la crise en Tunisie, notamment le New York Times, qui a mis à l’honneur la France et son rôle en tant qu’allié du dictateur récemment déchut Zine el-Abidine Ben Ali. Cet article de M. Erlanger fait état de la politique française en Tunisie. Notamment en relatant les propos de Jacques Lanxade qui déclara que depuis les années 2000 il était clair que le régime tunisien devenait dictatorial mais que les intérêts économiques français ont permis d’ignorer les revendications du peuple tunisien en espérant que Ben Ali pourrait maintenir sa position.

Si la France n’a pas pu entendre les revendications des tunisiens, la communauté internationale elle par la voie des réseaux sociaux a vécu avec beaucoup d’émotion la lutte d’un peuple opprimé depuis trop longtemps. En effet,

« la jeunesse du plus petit Etat du Magreb (10 millions d’habitants) a su utiliser les images du cellulaire, de YouTube et de Dailymotion, les messages de Facebook et de Twitter pour permettre au montre entier d’être les spectateurs de leur colère contre Zine el Abidine Ben Ali (…) Contrairement aux Iraniens, il y a deux ans, il ont réussi leur révolution (…) Il faut dire que la Tunisie est en tête des pays africains et arabes pour l’utilisation des nouvelles technologies ».

S’il est vrai que les Tunisiens ont longtemps dénoncés le non respects des droits de l’homme sur leur territoire, les réseaux sociaux ont permis un écho de leur voix qui ne pouvait être tu. De plus, cet écho a été ressenti dans tout le Maghreb et notamment en Egypte. En effet, dans son article intitulé Inside Egypt’s Facebook Revolt, Mike Giglio présente l’impacte des réseaux sociaux sur la révolution Egyptienne. Il y décrit l’utilisation de Facebook faisant partie intégrale de la stratégie de protestation si bien que “protesters have come up with a new way to combine online and street activism by issuing a very traditional protest call—to make use of the nation’s oldest social network (…) On one of the protest’s main Facebook pages, more than 43,000 people have already signed up for the event, which was posted Wednesday”. Plus récemment, une stratégie similaire a été mise ne place pour une marche virtuelle en soutien aux protestations qui vont se tenir en Algérie. Les réseaux sociaux tels que Facebook et twitter sont devenus des plateformes allant bien au-delà d’une utilisation personnelle ou individualiste en créant un médium supportant un mouvement vers une justice pour tous.

Ainsi, pour tous ceux qui doutaient de l’utilité des réseaux sociaux, ils peuvent maintenant en voir la dimension juridique, activiste, et utilitaire en rejoignant la quête de justice de millions d’internautes qui lancent un message clair de protestation aux dictateurs et à leurs alliés. Après la Tunisie, l’Egypte, et l’Algérie, c’est le Yémen, et même le Cameroun qui se lance avec engouement dans la lutte pour une démocratie représentative où le peuple est vraiment pris en compte. Le Web 2.0 a su donner une dimension incomparable à l’activisme social et une protection supplémentaire des droits de l’homme.