Soyons honnête, j’ai un peu de mal à m’émouvoir de l’atteinte potentielle à la vie privée que ce service présente. Je sais que nous ne sommes pas les États-Unis, où un juge a déjà considéré comme n’étant pas illégal ce type de « services » (pdf), je sais que nous avons une loi, plusieurs même, qui pourraient facilement être utilisées pour considérer que cette conservation est contraire au droit ; je sais que les illustrations de personnes qui se trouvent prises en flagrant délit d’inélégance ou de « c’est pas moi c’est un autre » sont potentiellement possibles. Je sais. Cela dit, en matière de vie privée, j’ai plus peur de ce qui est opaque que de ce qui brille. Et ces illustrations sont autant d’exemples du peu de chances que ces hypothèses surviennent pour de vrai.

Aussi, c’est avec un peu de circonspection que j’ai accueilli et lu un "twitt" de Katheline Jean-Pierre, ancienne du programme de Maîtrise en commerce électronique, faisant rapport du communiqué du Commissariat à vie privée fédéral publié aujourd’hui même qui propose à Google de prévenir les gens quand l’auto passe quelque part et donc potentiellement chez eux. Je me permets de reprendre la phrase :

« La plupart des gens ne s’attendent probablement pas à ce que leur photo soit prise par une entreprise dans le cours de leurs activités quotidiennes, mais cela peut les déranger moins s’ils ont le choix de planifier leur journée en conséquence. »

S’agit-il de planifier sa vie en fonction du passage de la petite auto avec la caméra sur le toit ? Cela dit, cela m’apparaît être une très bonne idée marketing où on pourrait imaginer des concours de ceux qui sont le plus souvent photographiés. D’ailleurs, à propos de marketing, plus on parle des atteintes possibles à la vie privée et plus cette application est utilisée.

Mais sur le plan du droit, cette application là, en particulier, ne m’apparaît pas, peut-être naïvement, dangereuse. D’autant que les applications de « floutage » s’en viennent de manière généralisée et permettront de se prémunir contre les quelques cas qui pourraient survenir, conformément à ce que la CNIL française a déjà recommandé.

Et sur le plan du droit, j’ai un peu du mal de constater que puisque le consentement n’est en l’occurrence pas possible, ce consentement qui constitue ce trou béant vers l’utilisation incontrôlée par les entreprises sans que cela n’émeuve personne, et ce, à grand renfort de contrat illisibles de dizaine de pages, alors on s’énerve. Sauf que sans cette simagrée de consentement, c’est illégal.

Je constate aussi que l’approche législative d’introduire des exceptions à la pièce ne fonctionne pas non plus, dans la mesure où aucune ne semble applicable en l’espèce.

Cela dit, il est important de remarquer qu’il n’y a pas de condamnation et d’empêchement de fonctionner. Seulement, le Commissariat cherche des accommodements raisonnables qui seront trouvés, et appliqués, d’ici peu.

De plus, cette solution permettra d’être toujours bien peigné sur google...