Genia Cishahayo est étudiante dans le cadre du cours DRT6929O.

Une photo déformée, de faux détails sur les activités sexuelles, sur la consommation de drogues et d’alcool et des propos racistes ; voilà de quoi se composait la fausse page Facebbook à l’origine de la poursuite en diffamation et inflictione intentionnelle de détresse émotionnelle intentée par la jeune Alexandria Boston, 14 ans.

La requête déposée en Georgie oppose cette adolescente à ses deux camarades de classe prétendument à l’origine de la création de ce faux profil. Les parents de ces élèves sont également cités à titre de défendeurs dans la demande à titre de défendeurs pour avoir payé la connexion internet ayant permis la création du compte et pour avoir manqué à leur devoir de surveiller les activités de leurs enfants.

Natalie Woodward, avocate pour la demande, affirme que les propos publiés étaient indubitablement mensongers et le fruit d’actes délibérés des deux étudiants en question.

Au-delà des propos odieux tenus sur la victime, c’est l’inaction de l’école, de la police et de Facebook durant près d’un an qui ont poussé cette jeune adolescente et ces parents à se tourner vers les tribunaux. D’un côté, les administrateurs scolaires déclaraient avoir les mains liées au niveau des mesures disciplinaires parce que les ordinateurs de l’école n’avaient pas été utilisés pour créer le faux profil. Donc, aucun moyen d’imposer des mesures disciplinaires pour les agissements des étudiants hors campus. D’un autre côté, les forces policières se disaient limitées par l’absence de lois contre la cyberintimidation s’appliquant à la situation particulière. Donc, aucun crime commis aux yeux du droit de l’État de Georgie, car la loi ne circonscrit que l’intimidation à l’école. La police conseille à la famille de s’adresser directement à Facebook, ce qu’elle fait, sans réponse. Ce n’est qu’après l’apparition de la famille à CNN que la page est finalement supprimée par la compagnie.

Ce manque de ressource met en évidence la complexité du problème de la cyberintimidation et de la diffamation en ligne. C’est ce manque de ressources qui a finalement amené la jeune Alex et ses parents se résoudre à livrer une bataille juridique à de jeunes adolescents. Cette affaire nous remémore le cas de l’affaire MySpace dans laquelle une femme avait été accusée d’actes criminels après avoir créé une fausse page MySpace pour intimider une jeune fille de 13 ans qui s’est suicidée à la suite de l’intimidation. Le verdict de culpabilité dans cette affaire a finalement été renversé par un juge de la Cour fédérale en 2009, deux ans après le début des procédures.

Les intérêts contradictoires à soupeser sont tout aussi importants l’un et l’autre. La liberté d’expression des élèves ne peut être indûment limitée par l’adoption de lois anti-intimidation plus envahissantes. Toutefois, la cyberintimidation est une réalité du Web 2.0 qui ne peut être ignorée et les victimes devraient avoir des moyens raisonnables de faire valoir leurs droits. L’anonymat des propos et la diffusion globale de l’information rendue possible grâce à l’internet sont deux caractéristiques distinctives de la diffamation sur le net qui rendent laborieux le travail du législateur.

En attendant, dans le cas de cette jeune adolescente, la famille a choisi de lancer une pétition pour renforcer le droit de la Georgie.