Alexandra Garon est étudiante dans le cadre du cours DRT 6903.

Dimanche dernier, Wikileaks nous annonçait la plus grande publication de documents confidentiels de son histoire, soit plus de 250,000 « câbles » (télégrammes ou notes) diplomatiques, le tout alors que le fondateur du célèbre site, Julian Assange, vient d’être ajouté à liste des criminels les plus recherchés par Interpol mardi dernier en vertu d’un mandat d’arrêt européen délivré par la Suède pour viol et agression sexuelle.

Les faits remonteraient à l’été dernier. Tel que nous l’apprend l’article du Figaro intitulé « L’Étau se resserre autour de Julian Assange », ce dernier « de passage en Suède, avait fait la connaissance mi-août de deux jeunes femmes. Une semaine plus tard, elles accusaient Julian Assange l’une de viol et l’autre d’agression sexuelle mais ne portaient pas plainte. La justice suédoise n’a retenu aucune charge contre l’Australien de 39 ans mais réclame son arrestation pour l’entendre, car, selon elle, il ne s’est pas rendu disponible à la justice."

L’affaire demeure toutefois suspecte, tel que le rapporte un autre article du Figaro intitulé « Les soupçons étranges qui pèsent contre Julian Assange », toute cette affaire, revêtant des allures de complot, concernerait peut-être plutôt des échanges sexuels consensuels mais non protégés, provoquée somme toute par le déchirement malencontreux d’un préservatif et la rencontre accidentelle des deux jeunes femmes, Anna et Sofia, une semaine après les faits. L’article rapporte aussi qu’Anna « avait justement publié sur son blog, en janvier dernier, un « manuel de vengeance » contre un amant infidèle… qui a opportunément été effacé après sa déposition, tout comme les tweets témoignant des moments « cool » et « sensationnels » qu’elle a passés auprès de Julian ».

M. Assange, qui se trouve présentement au Royaume-Uni continue de clamer son innocence. La Cour Suprême suédoise a aujourd’hui refusé d’entendre sa requête pour faire annuler le mandat d’arrêt décerné contre lui.

L’avocat suédois de M. Assange a à cet égard annoncé que l’extradition de son client, qui est pour le moment retardée par un vice de procédure, sera vivement contestée. De même, selon un article du Globe and Mail intitulé « Lawyer for Wikileaks founder says Assange is being persecuted », l’avocat britannique de M. Assange, Me Stephens, aurait déclaré que toute cette affaire prenait des allures de persécution et non de poursuites judiciaires (« a persecution and not a prosecution »). Pour l’instant, les avocats de M. Assange rapportent que ce dernier aurait été victime de menaces de mort et aurait été forcé de masquer son identité et d’être très prudent dans ses déplacements. Ils nient cependant que le fondateur de Wikileaks se cache des autorités judiciaires et policières, alléguant que ses coordonnées ont été fournies à Scotland Yard.

Le Figaro nous apprend toutefois que même si «  le fondateur de WikiLeaks arrive à se dépêtrer de cette affaire de mÅ“urs, ses ennuis n’en seront peut-être pas terminés pour autant. Les Etats-Unis désirerait l’arrêter suite à la publication par son site des documents sur le conflit afghan et irakien et des câbles diplomatiques. Quitte pour cela à modifier le droit américain, qui rend pour le moment délicates de telles poursuites. « S’il y a des lacunes dans la législation, nous ferons en sorte de les combler », a prévenu le ministre américain de la Justice, Eric Holder. »

Cablegate

En effet, M. Assange et Wikileaks se trouvent en ce moment même engagés dans ce qui paraît être la plus grande fuite de son histoire, maintenant dénommée le Cablegate.

Ladite fuite, réunissant un total de 251,287 documents ou « câbles » diplomatiques envoyés depuis plus de 250 ambassades et consulats des États-Unis dans le monde, n’a pas fini de faire des ravages en mettant dans l’embarras un nombre impressionnant de pays et de gouvernements, en plus de gravement ternir l’image des États-Unis.

Elle s’inscrit pourtant dans la poursuite des objectifs du fameux site Wikileaks créé en 2006 et avait été préalablement annoncée par l’inébranlable M. Assange en pleine tourmente la semaine dernière. Le site a en effet comme mission de donner une audience publique et mondiale aux fuites d’information en provenance de tous les régimes dits « d’oppression » dans le monde, tout en protégeant ses sources, lesquelles doivent en théorie demeurer anonymes. Le site se targue aussi de procurer un médium permettant à tous ceux qui le désirent de dénoncer les comportements non éthiques de leur gouvernement ou de grandes entreprises.

Ceci dit, tel le rapporte entre autres le journal français L’express dans son article intitulé « Wikileaks : Bradley Manning, traître ou héros ? » ce dernier serait le principal suspect à la source du Cablegate.

Manning, ce jeune soldat américain de 23 ans dont la photographie a largement circulé dans tous les médias du monde, encourrait pour son crime 52 années de prison. Il serait de plus considéré aux « comme un traître à la patrie par une bonne partie de la population. » En effet, plusieurs estiment « que le jeune homme et les autres responsables des fuites révélées par Wikileaks, doivent être condamnés à la peine capitale pour trahison ».

Sarah Palin aurait par ailleurs déclaré « sur sa page Facebook que cet "anti-américain" dont les mains sont "tachées de sang" doit être traité avec la même urgence que le sont Al Qaeda ou les dirigeants talibans. »

Manning aurait a été « arrêté et inculpé en juillet dernier, après s’être vanté de ses "exploits" auprès d’un ancien hacker, Adrian Lamo, lequel a ensuite prévenu les autorités. Il est accusé de s’être illégalement procuré une vidéo d’une bavure des soldats américains en Irak et d’avoir soumis cet enregistrement à WikiLeaks. On lui reproche en sus d’avoir téléchargé plusieurs milliers de messages du département d’Etat. »

Force est de conclure que durement embarrassés par les révélations du Cablegate, les États-Unis semblent vouloir à tout prix la tête de Manning et de Assange. Il semblerait néanmoins que le Cablegate ne soit que commencé et que nous ayons tous et chacun l’opportunité d’en apprendre un peu plus sur les échanges des divers pays visés et d’en tirer les conclusions qui s’offriront à nous au fur et à mesure que lesdits documents seront relâchés. Il s’agit donc d’une histoire à suivre…