Il est parfois des hasards surprenants. Aujourd’hui même, j’ai été confronté à trois sources d’information de point de vue fort variées qui pourtant vont toutes dans la même direction : attention au web 2.0. Cette technologie redoutable est susceptible de bien des abus qui vont demander de repenser le web ; sinon à le limiter, à l’apprivoiser.
La première fut citée par l’infatigable Simon Fodden sur slaw.ca qui réfère à la célèbre revue First Monday dont l’édition courante constitue un numéro spécial ayant pour objet une vision critique sur les opportunités offertes par cette seconde génération d’Internet dite 2.0. Un doute qui est indispensable pour bien connaître les choses et sortir de ce regard mou tendant à considérer le 2.0 comme un atout indiscutable.
«
- Market Ideology and the Myths of Web 2.0
- Web 2.0 : An argument against convergence
- Interactivity is Evil ! A critical investigation of Web 2.0
- Loser Generated Content : From Participation to Exploitation
- The Externalities of Search 2.0 : The Emerging Privacy Threats when the Drive for the Perfect Search Engine meets Web 2.0
- Online Social Networking as Participatory Surveillance »
La deuxième est un billet, sur Concurring Opinions qui est un très bon blogue collectif américain, s’intitulant « Is Web 2.0 an Engine of Inequality ? » de Frank Pasquale. Ce dernier identifie une série d’auteurs (tels que Stephen Carr, Soren Mork Peterson, Trebor Scholz (les 2 derniers étant justement auteurs dans le First Monday précité)) qui prédisent que le web 2.0 a un côté noir, susceptible d’oppression, d’inégalités, d’abus, d’autant plus majeurs que l’outil est efficace.
La troisième enfin est une annonce que je viens de recevoir relativement à une conférence déjeuner-conférence Léger Marketing animée par Jacques Nantel le 30 avril prochain dont le titre est fort explicite : « Le marketing qui dérape ! ». Le paragraphe explicatif présente le débat ainsi :
« Contrairement aux conditions qui prévalaient au début des années 40 lorsque le concept de marketing fut inventé, la majorité des sociétés occidentales ne jouissent plus d’une croissance démographique et profitent à peine d’une croissance du pouvoir d’achat des consommateurs. Nos marchés domestiques sont saturés ! Toute croissance ne peut alors venir que de la propension des consommateurs à acheter davantage. La croissance de la vente per capita constitue désormais la nouvelle frontière du marketing. Aidés par des technologies de plus en plus sophistiquées, les spécialistes du marketing visent maintenant des approches plus personnalisées. On veut maximiser la part des dépenses pour chaque consommateur plutôt que d’accroître la part de marché des consommateurs. De telles approches comportent néanmoins une face cachée : celle de l’endettement des ménages. Premier symptôme d’un marketing qui dérape ? »
Un débat qui m’intéresse d’autant plus qu’il est le même dans le cadre des contrats en ligne où, par exemple, l’absence de balises offertes par la Cour suprême dans l’affaire Dell pour élaborer un formalisme qui aurait pour effet à la fois de ralentir le processus contractuel et d’offrir une information véritable au consommateur n’est pas sans conséquences sur ces questions d’endettement. La rapidité, l’évanescence, l’irréel de ces transactions en ligne, les contrats illisibles, sont autant d’éléments qui favorisent l’inconsistance et la non prise de conscience.
Sans doute ne faut-il pas jeter le bébé avec l’eau du bain ; il y a pourtant de quoi refroidir l’ardeur des plus inconditionnels et ces références me permettront peut-être accessoirement d’identifier aussi quelques « armes » supplémentaires à mon débat d’avril avec Michelle Blanc.











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Commentaires
1. vendredi 14 mars 2008 par Michelle Blanc :: Du blogue et de la patate
2. vendredi 14 mars 2008 par Vincent Gautrais :: http://www.gautrais.com
3. samedi 22 mars 2008 par LM
4. mardi 25 mars 2008 par Vincent Gautrais :: http://www.gautrais.com
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